Gaulois et autres peuples du Sud Ouest

Les Gaulois dans le Sud Ouest de la Gaule

Savez-vous d’où viennent les noms des régions du Rouergue, du Quercy, du Couserans, de la Bigorre, du Périgord, de la Cerdagne ou encore du Médoc ? Et sauriez-vous dire d’où viennent les noms de Toulouse, d’Eauze et de Lectoure dans le Gers, et d’où vient le nom de la Garonne ? La réponse à ces questions et à bien d’autres vous en apprendra beaucoup sur les Gaulois et les autres tribus qui peuplèrent le Sud Ouest.

Gaulois Sud Ouest
Oppidum d’Ensérune dans l’Hérault
classe unique St-Sulpice-des-Rivoires Isère – FRANCE, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Qui sont les Gaulois du Sud Ouest?

Bien avant l’arrivée des Romains, des peuples se sont implantés en Gaule. Ils ont fondé des cités, de petits états, se sont fédérés en groupes et ont tissé de nombreux liens économiques autour d’eux. Dans le Sud Ouest de la Gaule, les « Gaulois » comme on les appelle couramment étaient en fait des Celtes, des Ibères, des Aquitains ou des Ligures. Comme expliqué dans l’article consacré aux Celtes, les seuls que l’on peut véritablement appeler « Gaulois » sont uniquement les tribus d’origine Celte.

On connaît surtout ces peuplades grâce aux écrit grecs et romains. Au nombre des écrivains se trouvent Pline, César ou encore Strabon.  L’histoire des tribus de la Gaule avant la colonisation romaine est assez floue.

Veuillez noter ceci :

Les limites territoriales sont uniquement là à titre indicatif et ne sont pas fiables à 100%. Il se peut qu’elles aient été différentes, suivant les époques, ou mieux comprises avec les découvertes récentes. De plus, certaines tribus nous laissent tellement peu de traces, qu’il est aujourd’hui impossible de savoir exactement jusqu’où s’étendaient leurs influences. Dans d’autres cas, des tribus pouvaient avoir plusieurs noms différents, ou subir la domination de leur voisins. D’autres encore étaient issues de branches des grands peuples principaux. Parfois encore, les emplacements de certains peuples sont sujets à discussions parmi la communauté des historiens.

 

Gaulois Sud Ouest
Tribus peuplant le Sud ouest de la Gaule. Période allant du IIème siècle avant notre ère au IIème siècle après. ©2021 Sud-Ouest-France

 



 

Atacins

Les Atacins étaient situés autour de l’antique fleuve Atax, aujourd’hui l’Aude. Ils occupaient peut-être la partie du département aux environs de la ville d’Alet et auraient eu pour capitale Atacinus Vécus (ville d’Aussière). Mais peut-être se sont-ils établis plus au Nord du département car à moment donné, Narbonne était une colonie des Atacins. Il se peut même qu’ils aient occupé toute cette région.

 

 



 

Aturenses

Les Aturenses étaient un peuple Aquitain. Ils sont souvent assimilés aux Tarusates. Les Tarusates auraient pris le nom d’Aturenses vers le IVème siècle de notre ère. Les Aturenses vivaient dans les Landes et avaient pour capitale la ville d’Atura (Aire-sur-Adour).

 



 

Auscii ou Ausques

Leur territoire était situé autour de la ville d’Auch (Elimberrum). Nous ne savons que très peu de choses sur ce peuple. Ils sont mentionnés pour la première fois en 56 avant notre ère. On peut peut-être retrouver le nom des Ausques ou Euske chez les Vascons, les Basques (Euskara en Basque), les Gascons. Si tel est le cas, tout ces peuples auraient eu une origine commune.

 



 

Bébrices

Certains pensent que les Bébrices étaient d’origine Ligure. Selon d’autres, ils furent issus des Volques, dont ils auraient formé l’une des branches, avec les Volques Arécomiques et les Volques Tectosages. Les Bébrices s’installèrent dans le Roussillon.

 



 

Benearnenses

Ce peuple d’origine aquitanique vivait autour de la ville de Lescar (Lascurri) dans la périphérie de Pau. Nous retrouvons le reste de leur nom dans la région du Béarn.

 



 

Bercorates

Les Bercorates vivaient dans la vallée de Barétous dans les Pyrénées-Atlantiques.

 



 

Bigerri, Bigerrions ou Begerri

Le territoire des Bigerri correspond à ce qui fut autrefois le pays de la Bigorre, c’est à dire autour de la ville de Tarbes (Turba). Leur capitale alterna entre Turba et Bigorrum (Saint-Lézer). Avant la conquête romaine, nous ne savons pratiquement rien sur ce peuple.

 



 

Bituriges Vivisques

Les Bituriges Vivisques avaient Burdigala (Bordeaux) pour capitale. Leur aire d’influence s’étendait sur tout le Bordelais. Pour les désigner, Pline emploie aussi le terme de « Bituriges libres ». Le nom « Biturige » veut dire « les rois du monde ».

Beaucoup sont d’avis que leur installation dans le Sud Ouest est postérieure à la Guerre des Gaules de César (58-51 av. J.-C.). Ils étaient d’origine celte et non aquitanique. D’ailleurs, leurs voisins Aquitains les percevaient comme des étrangers. Peut-être prirent-ils ou reçurent-ils une partie du territoire des Santons, un autre peuple Celte. Ils étendaient leur influence sur leurs voisins Médulles. Les Bituriges Vivisques furent l’un des grands peuples gaulois du Sud Ouest.

Bituriges Gaulois Sud Ouest
Monnaie des Bituriges Vivisques
PHGCOM, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

 



 

Boiates, Boii ou Boïens

Peuple Aquitain qui s’étendait probablement dans le Pays de Buch et au Pays de Born dans l’Ouest des actuels départements de la Gironde et des Landes. Ils avaient pour capitale Boios (Bois-de-Lamothe) ou Biganos autour du bassin d’Arcachon. Selon certains historiens, ils auraient eu une origine Ligure.

 



 

Cadurques ou Cadurci

Avec les Cadurques, nous touchons là à l’origine du nom de la région du Quercy. Ils s’implantèrent en effet dans le Lot et avaient pour capitale Cahors (Divona). Selon un auteur, leur nom viendrait peut-être de catu, « combat, bataille, guerre » et de turcos « sanglier », comprenez donc « les sangliers du combat ».

Durant la Guerre des Gaules, Vercingétorix envoya des délégués vers de nombreuses cités gauloises pour qu’elles se rallient à lui dans son combat contre les Romains. Les Cadurques furent parmi les premiers à répondre au chef Arverne Ils lui envoyèrent une armée sous la conduite de Lucterios. Cette armée alla chez les Rutènes, puis chez les Nitiobroges, ainsi que chez les Gabales (Tribu Celte peuplant la Lozère) pour les inciter à rejoindre l’insurrection. La coalition ainsi formée par les quatre peuples attaqua à de multiples reprises la Gaule transalpine (qui fut appelée par la suite « Gaule Narbonnaise »). Elle parvint même à menacer Narbo (Narbonne).

Les Cadurques et la Guerre des Gaules

Les Rutènes et les Cadurques reçurent de Vercingétorix l’ordre de ravager le territoire des Volques Arécomiques, alliés des Romains, pour contraindre César à stopper la guerre. Les Cadurques furent l’un des fers de lance des Gaulois du Sud Ouest de la Gaule, dans la Guerre qui les opposa aux Romains.

Luctérios, un chef Cadurque acharné

Pendant le siège d’Alesia, les Cadurques fournirent des soldats à l’armée de secours pour forcer César à lever le siège de la ville. Mais quand par la suite Vercingétorix capitula, Luctérios de son côté tenta de nouvelles offensives contre les Romains. Pris en chasse par deux légions, le chef rebelle se retira en terre Cadurque dans la ville d’Uxellodunum (Vayrac). La cité fut assiégée et prise mais Luctérios réussit cette fois encore à s’échapper. Il parvint en territoire Arverne auprès d’Epasnactos un autre chef Arverne. Mais celui-ci étant favorable aux Romains, leur livra Luctérios.

Cadurques Gaulois Sud Ouest
Drachme “à la tête triangulaire » frappé par les Cadurques
cgb, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

 



 

Cerretains ou Kerètes

Les Cerretains étaient un peuple Ibère qui habitaient la Cerdagne, région qui lui doit son nom. Leur capitale était Julia Libyca (Llivia).

 



 

Cocosates

On ne sait pratiquement rien de ce peuple. César et Pline nous en parlent mais sans préciser où il se trouvait. Par contre, le seul indice géographique nous vient de l’Itinéraire d’Antonin (fin IIIe s.-IVe s.). Dans ce document, il est fait mention de la ville de Coequosa (peut-être Sindère), ce qui voudrait dire que ce peuple occupait la Grande-Lande.

Leur nom viendrait peut-être de cocos « rouge » ou « écarlate » avec le suffixe d’appartenance ati, ce qui signifierait « ceux qui sont écarlates ».

Pline donne le nom de « Cocosates sexsignani ». Cette dénomination latine sexsignani signifie « les six étendards ». Ce surnom pourrait peut-être indiquer que les Cocosates étaient composés de six tribus, ou six divisions.

Les Cocosates furent par la suite rattachés aux Tarbelles par les Romains.

 



 

Consorani

Les Consorani constituaient un des peuples aquitains. Leur territoire correspondait à la partie de l’Ariège qui est aujourd’hui le Couserans. Ce nom latin leur a été donné par les Romains et veut dire « ceux qui se regroupent ». Peut-être que plusieurs tribus se rassemblaient sous l’appellation latine des Consorani.

Origine d’Austria-la-Romaine

Leur ville était Autria-la-Romaine (Saint-Lizier). Certains spécialistes émettent l’hypothèse selon laquelle le territoire des Consorani avant la conquête romaine était peuplé par les Ausques ou Euske. Leur ville se serait appelée Auskia ou Ausko. Les Latins aurait modifié le « k » par ‘tr », car ce genre de prononciation était difficile dans leur langue. De nombreuses mentions toponymiques sur place font en effet référence aux Ausques (chemin d’Osque par exemple).

Une autre théorie les rattacherait plutôt aux Sotiates, si ceux-ci occupaient autrefois ce territoire. Les Sotiates peuvent aussi être d’origine Ausque, ce qui accorde les deux théories. Les Ausques se seraient divisés en de multiples tribus dont les Sotiates. Les Romains les auraient ensuite appelés « Consorani ». Mais l’emplacement des Sotiates est sujet à discussion parmi la communauté des historiens.

À moment donné de leur histoire, une partie des Consorani fut rattachée par les Romains aux Convènes, tandis que ceux du Volvestre et du Pédaguès (autour de Pamiers et de Saverdun) furent rattachés aux Tolosates.

Le culte des Consorani autour de leur capitale

Peut-être, sur le même modèle que la Rome antique, les Aquitains Consorani avaient autour de leur capitale Auskia plusieurs autels ou temples dédiés à différents dieux. Les Consorani adoraient la déesse Bélisama dans leur capitale où un temple lui était consacré. Proche de là, sur la colline du Marsan sur la commune de Saint-Lizier, le dieu romain Mars était honoré. Au pied de cette colline consacrée au dieu de la guerre, les Romains avaient sûrement installé des écoles hippiques où l’on s’entrainait à mener les chevaux. En effet, les chevaux de la vallée du Biros dans le Couserans, étaient particulièrement renommés dans le monde d’alors.

Une colline nommée « Mont Garié », toute proche de Saint-Girons, ville attenante à l’ancienne ville consoranienne, était peut-être consacrée au culte aquitain du dieu des montagnes Gar. Ce dieu fut adoré par leurs voisins Convènes.

Le village de Montjoie, attenant lui aussi à Saint-Lizier aurait pu porter les traces d’un culte à Jupiter (Mont-Jovis). Cependant, le nom de ce village peut-être aussi postérieur à cette période.

Des dieux romanisés

Les Romains craignant les dieux, ils romanisaient volontiers les divinités des peuples vaincus. Par exemple, à Lara, un village à 7 km de Saint-Lizier, se trouvait un autel aux dieux Lares, divinités romaines des maisons. À Lescure (Aras-Curare :  Autels + prendre soins de), il y avait un sanctuaire dédié à Jupiter. Là se rassemblaient les prêtresses qui prenaient soin des autels et de tout ce qui concernait le service lié aux divinités. De plus, les Romains avaient peut-être assimilé la déesse Bélisama à Minerve.

 

Inscription gallo-romaine en réemploi dans le pont sur le Salat à Saint-Lizier. Texte en Latin : Minervae / Belisamae / sacrum / Q(uintus) Valerius / Montan[us] / [e]x v[oto] est traduit : « Consacré à Minerve Bélisama. Quintus Valerius Montanus en accomplissement de son voeu »
Olybrius, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

 



 

Consuarani ou Consuarans

Ils faut les distinguer des Consorani du Couserans. Les Consuarani habitaient l’intérieur du Roussillon, une partie du Vallespir, le Conflent et le Capcir.

Voici ce que nous rapporte Pline concernant leur emplacement :

 » Par sa culture florissante [la Narbonnaise], par les mœurs et le mérite de ses habitants, par son opulence, elle ne le cède à aucun des pays soumis à l’empire ; en un mot, c’est plutôt l’Italie qu’une province. Sur la côte sont : la contrée des Sardons, et, dans l’intérieur, celle des Consuarans ; les fleuves, le Tecum (le Tech) et le Vernodubrum (le Verdouble); les villes, Illébéris (Elne), faible reste d’une cité grande jadis ; » (Pline, Histoire naturelle)

 



 

Convenae ou Convènes

Les Convènes peuplaient autrefois la région du Comminges, qui leur doit son nom. Cette région se situe dans le Sud du département de la Haute-Garonne. Ce peuple avait pour capitale Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand-de-Comminges) fondée par Pompée à son retour de guerre en Espagne (Guerre sertorienne 80-72 avant notre ère).

Le nom « Convène » est d’origine latine. Pompée fixa en cet endroit des prisonniers ou voleurs Vascons, Arévaques et Celtibères. « Convenarum » désigne en effet en latin une « réunion d’étrangers », avec une connotation péjorative. Comprenez plutôt « Ramassis d’étrangers ».

Certains émettent l’hypothèse que le territoire que les Romains attribuèrent aux Convènes, était initialement celui des Garumnes.

Entre la fin du 1er siècle de notre ère et le milieu du IIème siècle de notre ère, les Convènes dominaient sur leurs voisins Consorani, Garumnes, Onésiens, Onobrisates et peut-être aussi sur les Bigerri.

Lugdunum Convenarum : les thermes du forum (au premier plan), le temple et la cité médiévale de Saint-Bertrand-de-Comminges (en arrière-plan)
Fifistorien, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Marché de Lugdunum Convenarum
Fifistorien, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

 



 

Élusates

Les Élusates sont un peuple aquitain qui occupait autrefois les environs de la ville gersoise d’Eauze (anciennement Elusa) qui leur doit son nom. À Rome fut même découverte une inscription datant du 1er siècle de notre ère mentionnant cette tribu sous la forme « ELUSATI ».

Drachme Élusate « au cheval »
PHGCOM, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

 



 

Garumnes

Les Garumnes sont un peuple aquitain qui tire son nom du fleuve Garumna (Garonne). Leur territoire, se situerait peut-être dans la haute vallée de la Garonne et dans le Val d’Aran en Espagne. Après la conquête romaine, ce peuple perdit son autonomie et fut rattaché aux Convènes.

Certains émettent l’hypothèse que le territoire que les Romains attribuèrent aux Convènes, était initialement celui des Garumnes.

 



 

Ilurenses

Bien que la mention de ce peuple soit très tardive (fin du IVème siècle de notre ère), il convient de le citer. Ils habitaient autour de la ville d’Oloron-Sainte-Marie (autrefois Iluro), et entendaient leur sphère d’influence sur la vallée de la Soule, la vallée d’Aspe, la vallée d’Ossau et la vallée d’Ouzom. La Soule étaient occupée par les Suburates et la vallée d’Ossau par les Osquidates Montans.

 



 

Lactorates

Peuple aquitain de la région de Lectoure (Lactoratum) dans le Gers.

Autel pour le salut de la famille impériale, offert par le conseil des Lactorates.
Morburre, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

 



 

Lutevani ou Lutévains

Les Lutévani habitaient autrefois la région autour de Lodève (Luteva). Ce peuple est peut-être issu des Volques Tectosages. En tout cas il se situait dans leur zone d’influence. La construction de Luteva remonterait aux environs du 1er siècle de notre ère.

 



 

Longostalètes

Ce peuple occupait une partie des départements de l’Aude et de l’Hérault. Il est surtout connu pour les monnaies que les archéologues exhument. Baeterrae (Béziers) était une de leurs villes principales. Cette tribu vivait dans l’aire d’influence des Volques Tectosages.

Logostalètes Gaulois Sud Ouest
Monnaie Logostalètes
Source : catalogue.bnf.fr

 



 

Médulles ou Médulli

La tribu des Médulles peuplait l’actuel région du Médoc en Gironde. Les Médulles furent absorbés par les Celtes Bituriges Vivisques. Certains pensent que leur origine serait Ligure. Leur existence n’est connue que par des mentions assez tardives (IVème siècle de notre ère). Mais leur nom est resté dans le Médoc. Peut-être leur ville principale fut-elle Dumnitonus (Le Verdon-sur-Mer en Gironde).

 



 

Nitiobroge ou Nitiobriges

Les Nitiobroges sont un peuple Celte dont le territoire s’étendait sur l’actuel Lot-et-Garonne et la partie du Gers autour de Condom. Ils constituent l’un des grands peuples gaulois du Sud Ouest de la Gaule. Leur capitale fut Aginium (Agen). Ils sont peut-être appelés par Pline « Antobroges ».

Les Nitiobriges, ces Gaulois du Sud Ouest qui combattirent César

Les Nitiobroges se rallièrent à Vercingétorix dans son combat contre César. Teutomatos, roi des Nitiobroges, prit la tête d’un important groupe de cavaliers. Les Nitiobroges tenaient l’un des avant-postes gaulois lors du siège de Gergovie. Par la suite, ils soutinrent une nouvelle fois Vercingétorix en lui envoyant 5000 soldats, pour son armée de secours pendant le siège d’Alésia.

De très belles découvertes furent faites dans la ville Nitiobroge d’Ussubium (Le Mas d’Agenais). Des monnaies, des produits importés, des vases gaulois, des amphores et des céramiques montrent l’importance économique et commerciale de la ville. Peut-être cette cité fut-elle l’une des plus importantes dans la région, contrôlant une grande partie de la vallée de la Garonne.

Monnaie Nitiobrige, source Gallica

 



 

Onésiens ou Monésiens

Les Onésiens sont un peuple aquitain qui se situait dans le Luchonnais. Leur territoire pouvait correspondre à la vallée de la Pique et de ses affluents : la Neste d’Oueil, la Neste d’Oô, le Lys, et la vallée du Larboust. Ils étaient ainsi situés sous l’aire d’influence des Convènes. Ils avaient pour ville principale Aquae Onesiorum (Bagnères-de-Luchon en Haute-Garonne).

 



 

Onobrisates

Les Onobrisates furent voisins des Bigerri et des Convènes. Leur territoire pourrait correspondre au Nébouzan dans les Hautes-Pyrénées.

 



 

Osquidates Campestres

Les Osquidates Campestres habitaient les Petites-Landes dans la région du Gabardan. Ils furent peut-être par la suite assimilés avec leurs voisins Élusates par les Romains. Une de leurs villes, peut-être leur capitale, fut Oscineio (Losse, département des Landes).

 



 

Osquidates Montans

Cette tribu d’Aquitaine peuplait autrefois la vallée d’Ossau dans les Pyrénées-Atlantiques.

Voir aussi Ilurenses.

 



 

Petrocorii, Pétrocores ou Pétrocoriens

Les Pétrocores, un peuple Celte, occupaient ce qui est aujourd’hui le département de la Dordogne. Ils constituèrent l’un des grands peuples gaulois du Sud Ouest.

Les Pétrocores sont à l’origine du nom de la région, le Périgord. Les habitants de Périgueux s’appellent d’ailleurs encore aujourd’hui les « Pétrocoriens ». Leur nom signifie « ceux aux quatre armées ». En effet, bien avant la conquête romaine, les tribus habitant les vallées de la Dordogne, de la Vézère, de l’Isle et de la Dronne se fédérèrent. Fait intéressant, aujourd’hui encore, le Périgord Pourpre se situe dans la vallée de la Dordogne, le Périgord Noir dans celle de la Vézère, Le Périgord Blanc dans celle de l’Isle, et le Périgord Vert se trouve dans la vallée de la Dronne. La capitale des Pétrocores était Vesunna (Périgueux).

Lors de la Guerre des Gaules, les Pétrocores fournirent 5000 soldats à l’armée de secours pour Vercingétorix.

Petrocores Gaulois Sud Ouest
Drachme “au style flamboyant » frappé par les Pétrocores
cgb, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

 



 

Rutènes

Peuple Celte qui occupait initialement ce qui correspond à peu près aux actuels départements de l’Aveyron et du Tarn. C’est l’un des grands peuples gaulois du Sud Ouest.

Aux alentours de 120 avant notre ère, les Arvernes et les Allobroges combattirent Rome. Mais ils furent tour à tour vaincus. Sûrement en représailles, les Rutènes qui les avaient soutenus, sont scindés en deux parties par les Romains. Depuis lors, ils constituèrent deux nations distinctes.

Les premiers, les Rutènes libres, sont aussi appelés simplement Rutènes. Ils ont donné leur nom à leur région, à savoir le Rouergue. Leur capitale fut Segodunum (Rodez). Ils possédaient aussi une ville mentionnée sur la Table de Peutinger appelé Carantomagus (Compolibat, sur la commune de Cranton en Aveyron). Son nom veut dire « le marché ami », ou « le marché des amis ».

Rutènes Gaulois Sud Ouest
Inscription latine d’époque romaine retrouvée à Rodez (Aveyron). L’inscription porte un texte gravé à l’identique sur les deux faces de la pierre.
Musée Fenaille, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Les Rutènes et César

Sur l’ordre de Vercingétorix, les Rutènes ainsi que les Cadurques, ravagèrent le territoire des Volques Arécomiques, alliés des Romains. Par la suite, les Rutènes fournirent douze milles hommes à l’armée de secours pour contraindre les Romains à lever le siège de la ville d’Alésia.

Quelques années plus tard entre 49-45 avant notre ère, César dut affronter Pompée dans ce qui s’appelle la Guerre civile romaine. Durant cette période, César recruta des archers rutènes pour aller affronter Lucius Afranius et Marcus Petreius, deux lieutenants de Pompée, en Espagne.

Monnaie Rutène source Gallica

 



 

Rutènes Albigenses

Le deuxième groupe de Rutènes (voir au-dessus pour le premier), fut rattaché à Rome, ce qui lui conférait un statut assez avantageux. De fait cette tribu est aussi appelée Rutènes Provinciaux. Son territoire correspondait à une bonne partie du département du Tarn et avait pour capitale Albiga (Albi).

Vers le IIIème siècle de notre ère, les Rutènes Provinciaux furent dénommés « Albigenses », prenant ainsi le nom de leur capitale Albiga. Habituellement, les peuples donnaient leur nom à leur ville principale. Dans le cas des Rutènes Provinciaux, ce fut l’inverse qui se passa. Cette appellation les différenciait de leurs voisins Rutènes libres.

 



 

Sordes ou Sordons

Les Sordes se trouvaient dans ce qui est aujourd’hui les Pyrénées-Orientales. Ils peuplaient ce territoire avant l’arrivée des Volques Tectosages. Certains spécialistes suggèrent que leur origine était Ligure mais d’autres penchent plutôt pour une origine Ibère. Quoi qu’il en soit, les Sordes occupaient l’embouchure du Telis (le Têt) ainsi qu’une partie des Albères et du Vallespir. Ils possédaient comme ville Ruscino (Château-Roussillon à Perpignan), qui donna son nom à la région du Roussillon, mais aussi Eliberris (Elne), Portus Veneris (Port-Vendres), Ceruaria (Cerbère) et Pyrène qui n’a pas été localisée.

De nombreux rapports commerciaux existaient entre les Sordes et les Massaliotes (Marseille). Les Grecs ont aussi entretenu des liens avec les ports appartenant aux Sordes, dont Pyrène et Portus Veneris. D’ailleurs, il existait un temple dédié à Aphrodite sur le territoire Sorde. Et leurs relations avec Rome dateraient de 218 avant notre ère.

 



 

Sotiates

La localisation des Sotiates est sujette à controverse parmi les historiens. Certains sont partisans de les placer dans le pays de Foix. Pour appuyer cette théorie, ceux-ci prennent appui sur le récit de César et sur le fait qu’il existe dans les environs de Foix la ville de Vic-de-Sos (vicus sotiatum). César nous dit d’eux qu »‘ils pratiquaient des mines jusque sous nos tranchées (sorte d’ouvrage où ils sont très habiles, leur pays étant plein de mines d’airain qu’ils exploitent) » Selon Commentaire sur la Guerre des Gaules.

Le pays qui entoure Foix est encore aujourd’hui réputé pour le nombre de ses mines. Au nombre de celles-ci : Larcat, Miglos, Lercoul, Saurat, Rabat ou encore Sem et Rancier. En fait, dans les environs de Foix, nous avons les traces de plus de 150 forges détruites, ou en activité il y a encore peu de temps.  L’industrie metallifère n’a rien de nomade. Donc, si César a souligné de son temps que les Sotiates furent très habiles dans l’exploitation de mines, ces dernières doivent être toujours présentes dans le sol d’aujourd’hui.

Les grottes des Sotiates

Les Sotiates appartenaient à la famille des Euskes ou Ausques. Leur langue était proche du Basque. Sot ou soto signifie grotte ou caverne. Dans le vieux-gascon soto veut dire « sous-sol ». Et sur l’ancien territoire des Biggeri, sotaou, veut dire grotte, caverne, abri. Peut-être alors que le terme sotiate (avec le suffixe d’appartenance ati) veut dire « ceux des grottes ».

Dans cette hypothèse de localisation, leur capitale serait Houich (Foix). Et toujours selon cette théorie, les Consorani firent peut être partie des Sotiates que les Romains rattachèrent aux Convènes. Ces derniers occupaient alors peut-être l’ancien territoire des Garumnes.

L’hypothèse du pays d’Albret

D’autres penchent plutôt pour les localiser autour de la commune de Sos dans le Pays d’Albret dans le Lot-et-Garonne. À l’appui de cette théorie, le récit de Pline qui les nomme entre les Élusates et les Osquidates de la plaine ou Osquidates Campestres.

Pline, Histoire naturelle, IV, 108 :

« A l’Aquitaine appartiennent les Ambilatres, les Anagnutes, les Pictons, les Santons, libres ; les Bituriges, libres, surnommés Ubisques ; les Aquitains qui ont donné leur nom a la province ; les Sediboniates ; puis les Convènes rassemblés dans une ville ; les Bégères, les Tarbelliens, surnommés Quatuor Signani (à cause d’une garnison de quatre enseignes) ; les Cocosates, surnommés Sex Signani ; les Vénames, les Onobrisates, les Bélendes, la chaîne des Pyrénées ; au-dessous, les Monèses, les Osquidates des montagnes, les Sibyllates, les Campones, les Bercorcates, les Bipedimuens, les Sassuminiens, les Vellates, les Tornates, les Consoranniens, les Ausques, les Élusates, les Sottiates, les Osquidates de la plaine, les Succasses, les Tarusates, les Basabocates, les Vasséens, les Sénnates, les Cambolectres, les Agésinates (ou Cambolectres Agésinates) ».

Monnaie Sotiate. Source : Gallica

Monnaie Sotiate. Source : Gallica

 



 

Suburates, Sibulates ou Sybillates

Les Suburates étaient probablement situés en Aquitaine dans la vallée de la Soule, dans l’actuel département des Pyrénées-Atlantiques. Ils furent au fil de leur histoire très certainement assimilés avec les Tarbelli puis à la cité des Iluronenses ou Ilurenses.

 



 

Tarbelli ou Tarbelles

Les Tarbelles étaient un des peuples importants d’Aquitaine. Certains auteurs pensent que les Tarbelles avaient une origine ligure. Ils étaient localisés dans une grande partie des Landes et une partie du département des Pyrénées-Atlantiques, plus précisément la Grande-Lande, la Chalosse, le Pays de Gosse, le Pays d’Orthe, le Maremme et le Labourd. Leur capitale était Aquae Tarbellicae (Dax).

La tribu des Tarbelli était peut-être divisée en quatre tribus différentes. En effet, à l’appui de cela, une inscription découverte à Sagunt en Espagne (TARBELLVS IIII SIGNANVS) se lit ainsi : Tarbellus IV signanus. De plus, Pline parle des « Tarbelliens, surnommés Quatuor Signani (Quatre signes ou étendards) ». 

Plusieurs tribus voisines des Tarbelles leur furent plus tard rattachées par les Romains.

Vestiges, à Aquae Tarbellicae (Dax), d’une basilique civile, lieu public de réunion où de nombreuses activités de la vie civique se déroulaient ; on y rendait notamment la justice.
Ghislain118, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

 



 

Tarusates

Les Tarusates étaient peut-être localisés autour de la commune de Tartas dans le département actuel des Landes. Vers le IIIème ou IVème siècle de notre ère, ils furent appelé Aturenses.

 



 

Tolosates

Les Tolosates sont peut-être issus des Volques Tectosages, l’un des peuple gaulois les plus importants dans le Sud Ouest. Ils purent tout aussi bien être présents avant les Volques mais leur avoir fait allégeance, de grè ou de force. La capitale des Tolosates fut Tolosa (Vielle-Toulouse, une commune à côté de Toulouse). Nous avons peut-être ici l’origine du nom de la ville rose. Des historiens émettent l’hypothèse que ce nom viendrait des mots Volques Tol « péage » et house « maison », donc « maison de péage ». Ce nom est approprié quant on considère la situation gégraphique de Toulouse.

Leur territoire s’étendait du côté des Cadurques jusqu’à Fines (Bressols dans le département du Tarn-et-Garonne). Fines était en effet la limite entre le territoire des Volques et des Cadurques. Bien que les Romains aient annexé le territoire des Volques Tectosages à la Gaule transalpine entre 121 et 118 avant notre ère, les Tolosates eux ne furent soumis que vers 105 avant notre ère.

Comme l’ensemble des Volques, durant la Guerre des Gaules, les Tolosates restèrent fidèles à Rome.

Tolosates Gaulois Sud Ouest
Drachme “à la tête négroïde” frappé par les Tolosates
cgb, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

 



 

Vasates, Vocates ou Vasséens

Les Vasates sont un peuple Aquitains qui peuplaient l’actuel Bazadais et avaient pour capitale Cossio (Bazas en Gironde). Selon certains auteurs, les Vasates avaient peut-être une origine ligure. Ils donnèrent leur nom à la région du Bazadais. Peut-être leur nom signifierait « les soumis ».

 



 

Volques Tectosages

Les Volques Tectosages sont un peuple venant du bord du Danube et appartenant à la famille des Celtes. Ils s’installent dans le Sud de la France vers le IVème siècle avant notre ère. Les Volques dominèrent une partie du Languedoc, les plaines de Carcasso (Carcassonne), et en remontant par les villes d’Ebromagus ou Eburomagus (Bram), Sostomago (Castelnaudary), la ville de Tolosa (Vielle-Toulouse à 10 km du centre ville de Toulouse).

Ils supplantèrent peut-être la famille des Aquitains qui aurait habité cet immense territoire. En effet, ce peuple guerrier qui avait traversé toute la Gaule pour venir dans le Sud soumit facilement les autres tribus du Sud-Ouest où il s’établit. Ces dernières étaient beaucoup moins rodées au combat. Ce fut un des plus importants peuples Gaulois du Sud Ouest.

Volques Gaulois Sud Ouest
Itinéraire des Volques
David Descamps, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Mais au 1er siècle avant notre ère (118 avant notre ère), les Romains contrôlèrent leur territoire et l’intègrèrent à la « Gaule transalpine » (au-delà des Alpes). Ils établient Narbo (Narbonne) en colonie sous le nom de Colonia Narbo Martius. La Transalpine prendra plus tard d’ailleurs le nom de « Gaule Narbonnaise ».

La rebellion des Volques

En 106 avant notre ère, Toulouse est honoré du titre de ville fédérée. Mais l’année d’après, la Province subit l’invasion des Cimbres, des Teutons et des Ambrons. À cette occasion, Rome fait passer le statut de Toulouse de ville fédérée à celle de ville conquise. Une garnison romaine pénètre alors dans dans la ville sous prétexte de défendre ce point de la Province. Copillos, le chef des Tectosages qui souhaitent soutenir les envahisseurs Germaniques, jette la garnison romaine aux fers. En 108 avant notre ère, les Volques Tectosages font subir une défaite aux Romains. Mais quelques années plus tard Copillos est capturé par un officier de Rome. Les Romains controlent part la suite le territoire Tectosage.

Lors de la Guerre des Gaules, les Volques restent fidèles à Rome. César a même pu se fournir en légionnaires chez les Tectosages.

Drachme aux légendes ibériques frappé par les Volques Tectosages
cgb, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

 



 

Volques Arecomici

Les Volques Arecomiques sont une branche de la grande famille des Volques. Ils peuplaient les départements de l’Hérault et du Gard. Leur capitale était Nîmes (Nemausus ou Colonia Augusta Nemausus). Durant la Guerre des Gaules, ils restèrent fidèles aux Romains. Au même titre que les Volques Tectosages leurs voisins, ils furent l’un des peuples Gaulois les plus importants du Sud Ouest.

Oppidum des Volques Arécomiques à Nagesdans le Gard
Clem Rutter, Rochester, Kent., CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Les Gaulois et autres peuples du Sud Ouest

Les Gaulois et les autres peuples du Sud Ouest ont eu une riche histoire. Malheureusement, il y a encore beaucoup à découvrir à leur sujet. Espérons que de nouvelles découvertes nous en apprendront plus sur ces hommes d’autrefois.


Sources :

  • L’ancien Pays de Foix et le Couserans, d’Adolphe Garrigou
  • https://aquitania.u-bordeaux-montaigne.fr/_jumi/pdf/1371.pdf
  • Site « l’Arbre Celtique »
  • http://fmoreau.recit.free.fr/index.php?ref=MFG6658 : « Histoire des Lutévains »
  • https://espritdepays.com/comprendre/introduction/dordogne-ou-perigord-perigourdins-ou-perigordins
  • https://www.les-pyrenees-orientales.com/Decouvrir/Histoire/Antiquite.php

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